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Cahier no 9 = la justuce pour une reconciliatiion nationale - старонка 25



VERS UN MEILLEUR AMENAGEM

ENT
ET INTEGRATION

DES ECONOMIES DES PAYS

DES GRANDS-LACS AFRICAINES

NTANYOTORA


  1. L’intégration des Pays des Grands-Lacs



africains de 1885 à 1916



La dernière décennie du 19ème siècle apparaît comme le début d’un programme d’intégration régionale de l’Afrique en général et des pays riverains des Grands-Lacs africains en particulier. On parle de Grands-Lacs africains généralement par opposition aux Grand-Lacs Nord-américains. Les Grands-Lacs Nord-américains ont joué un très grand rôle dans l’intégration économique de la partie septentrionale des Etats-Unis d’Amérique. C’est exactement le rôle que l’on a toujours voulu ou que l’on veuille faire jouer aux Grands-Lacs africains dans l’intégration politique et économique de la partie septentrionale des Etats-Unis d’ Amérique. C’est exactement le rôle que l’on a toujours voulu ou que l’on veuille faire jouer aux Grands-Lacs africains dans l’intégration politique et économique du continent.
1885 est l’année du Congrès de Berlin, proposé par le Chancelier allemand Bismarck pour régler la question du bassin du Congo et les risques de guerre internationale pouvant naître de la lutte pour l’hégémonie en Afrique. C’est aussi l’année de la légitimation et de la réglementation du partage sur carte de l’Afrique par les 14 puissances coloniales d’alors. Trois traits caractérisent ce partage du continent africain :

- Le premier souci de chaque puissance coloniale présente à Berlin était d’avoir accès à la mer.

- Le partage n’a pas tenu compte ni de l’unité politique, ni de l’unité culturelle des peuples qui habitent le continent.

- Les différents territoires partagés étaient séparés, dispersés, distants, sans aucune possibilité de contact les uns avec les autres.

C’est de ce besoin de contact, d’ accès à la mer, de constituer de grands ensembles politiques et économiques que sont nés l’ idée d’ impérialisme et le souci d’ intégration des colonies d’abord, du continent ensuite. Le programme d’exploration commence au 15ème siècle et celui de la conquête suit en 1890.

En 1892, 7 ans après le partage de l’Afrique, Oscar Bau Mann, explorateur allemand est envoyé par le Reich à la découverte du lac Victoria. Une erreur d’appréciation va l’amener tout droit aux bords du lac Tanganyika après une longue traversée du territoire Massai en Tanzanie. Vite il comprend que l’avenir économique de l’intérieur de l’Afrique orientale ne peut s’envisager sans chemin de fer ni la mise en valeur des Grands-Lacs. Et il ajoute : « La poupe de la locomotive est capable de tirer le pays d’un sommeil millénaire ».

Ce livre viendra, à sa parution, confirmer le débat en cours dans les milieux coloniaux de 1891 :

- Les

Français

projetaient de relier leurs territoires de l’Afrique Occidentale (A.O.F) et ceux de l’ Afrique Equatoriale (A.E.F) à leurs possessions de l’Est du continent comme Djibouti. C’est-à-dire joindre la cote de l’ Océan Atlantique à celle de l’ Océan Indien. - Les

Britanniques

rêvaient de relier, grâce à la British South Africa Compagny de Cecile Rhodes, le Cap en Afrique du Sud au Caire en Egypte, par un chemin de fer qui traverserait leurs possessions.
- Les

Allemands

pensaient relier l’intérieur de leurs territoires à la cote de l Océan indien par une articulation de la voie ferrée et de la voie d’eau à travers quatre projets ferroviaires baptisées Zentralbahn,Mittelbahn, Rwandabahn et Tanganyikabah

Les Grands-Lacs africains, prolongés au Nord par le Nil et au Sud par le Zambèze apparaissent aux Britanniques et aux Allemands comme un deuxième littoral capable de mettre en valeur les potentialités démographique et économique des Etats riverains et de les ouvrir sur l’Europe et l’Asie. L’intégration des grands lacs africains et des pays riverains, avant la Première Guerre Mondiale, répondait pour les Allemands à un vaste projet d’impérialisme en Afrique Centrale, doublé d’un projet de créer un vaste ensemble politique et économique baptisé « Mittelafrika ». Dans les milieux allemands, qui allaient de la cote orientale de l’Angola au Cameroun, ce projet devait être une mise en valeur de la potentielle démographie et agricole de l’Ouest de la Colonie, incluant le pays Nyamwezi, les rives du lac Tanganyika, les montagnes du Rwanda et du Burundi. Ce projet d’impérialisme et de mise en valeur des colonies fut exécuté à travers les 4 projets de chemin de fer susmentionnés. Le projet ferroviaire allemand fut également une concurrence directe contre l’axe britannique cap-hornier grâce à la possibilité de navigation sur les lacs Tanganyika et Victoria sous le protectorat allemand. Les grandes puissances coloniales gardaient encore dans leurs mémoires de 1890 un très bon souvenir de la capacité d’intégration du chemin de fer et de la voie d’eau. En effet, c’est le transsibérien qui ouvrit le Moyen-orient au Reich allemand. C’est également l’intégration des Grands-Lacs et les transcontinentaux nord-américains lancés entre 1870 et 1880 qui permirent la mise en valeur des territoires riverains des Grand-Lacs de l’Amérique du nord. Le Mississippi, Le Saint- Laurent, le Nil, avaient démontré aux Allemands que l’articulation de la voie d’eau était importante dans l’organisation de grands espaces, car les voies d’eau partagent avec la mer une fonction de liaison au cœur d’un continent comme le disait si bien le géographe géopoliticien Friedlich Ratzel qui a beaucoup influencé les milieux dirigeants allemands de son époque.

A la fin du 19ème Siècle, au début du 20ème , le chemin de fer combiné à la voie d’eau apparaissait comme la stratégie idéale de conquête et d’intégration économique des territoires colonisés ou sous protectorat. C’est cette vision qui amena les Britanniques à démarrer un grand projet ferroviaire en direction du Caire qui, en 1897, avait déjà atteint la Rhodésie (Zimbabwe) et le Malawi. Dans le même contexte, les Allemands relièrent Mombasa au lac Victoria par l’Uganda Railway entre 1896 et 1902. La Première Guerre Mondiale surprit les Allemands avec des projets inachevés. Du côté de l’Afrique du Sud et du bassin du Congo, d’autres projets de chemin de fer furent interrompus. L’idée d’intégration régionale, politique et économique des pays des Grands-Lacs africains fut reprise 58 ans plus tard, le 26 octobre 1972, par le Président rwandais Kayibanda Grégoire à l’occasion de la visite officielle de son homologue du RDC, le Président Mobutu :

«Je continue à croire…..que l’Union des Etats des Grands-Lacs se réalisera. Ce que les géographes ont appelé « le grand graben africain » est constitué par les lacs Edouard, Albert, Kivu, Tanganyika. Le RDC, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi, le Kenya, la Zambie et même ce que l’on appelle aujourd’hui la Rhodésie et le Mozambique ainsi que le Soudan. Nous savons tous que les peuples environnant le Graben sont des peuples frères proches et complémentaires à tous les points de vue. Le jour ou les responsables chargés de cette importante région d’Afrique verront et examineront de près les problèmes économiques, sociaux et proprement humains qui s’y posent, ce jour-là les populations qui entourent le Graben africain seront sauvées du sous-développement. Car l’enclavement, l’autarcie, l’isolement, les démagogies et les intrigues des néocolonialistes deviendront impossibles ; le plus riche sera utile à tous les autres ; le plus pauvre participera au développement et les mots et les menaces feront place au travail. Et le néocolonialisme cédera la place au progrès dans cette partie de l’Afrique. Il en sera ainsi et le Graben aura son sens car on y enterrera le sous-développement dont souffrent les populations que j’ai citées tout à l’heure. Je souhaite une réunion entre les pays partageant le Grand Graben, les Grands-Lacs centrafricains, que ces pays puissent se rencontrer dans n’importe laquelle de nos Capitales, pour voir et examiner les possibilités de collaboration pour la promotion économique, sociale et culturelle de leurs populations respectives. Ces populations, tout le monde le sait, sont les mêmes au point de vue humain ; elles ont les mêmes difficultés économiques. Des solutions concertées, avec l’utilisation de leurs lacs et leurs fleuves, peuvent être trouvées. Je sais que nous sommes tous sensibles aux grands ensembles pour une meilleure efficacité ».

  Un autre essai d’intégration sera tenté par l’établissement d’un chemin de fer (TAZARA) entre la Tanzanie et la Zambie. Enfin, tout récemment le programme des routes transafricaines entre dans le cadre de cette intégration africaine tant recherchée.

  1. Les enjeux de l’intégration économique des pays riverains des Grands-Lacs africains





Au début du 20ème siècle, l’intégration économique des pays riverains des Grands-Lacs africains repose sur 2 idées essentielles : L’impérialisme en Afrique et le projet d’un ensemble politique et économique. Ce projet conçu par le Reich et baptisé Mittelafrika allait de la cote orientale de l’Angola au Cameroun et visait la mise en valeur du potentiel démographique et agricole de l’Ouest de la colonie allemande. C’est-à-dire les pays Nyamwezi, les rives du lac Tanganyika, les montagnes du Rwanda et du Burundi. Sans négliger le besoin impérieux de former, à terme, un ensemble politique et économique viable, l’idée d’intégration régionale des pays riverains des Grands-Lacs africains répond aujourd’hui à un besoin de survie de ces pays en tant qu’Etats-Nations capables de participer au rendez-vous du donner et du recevoir du 21ème Siècle. L’Europe et L’Amérique se transforment de jour en jour en ensembles régionaux plus vastes, à échelle continentale, capables d’absorber ou de régenter des partenaires politiques et économiques moins structurés.

Au moment où les Etats- Nations du reste du monde s’étendent et se consolident, certains Etats riverains des Grands-Lacs africains ne cessent de se disloquer sous les coups de buttoirs de l’ethnisme, né de la mauvaise gouvernance ou des frontières coloniales mal et arbitrairement tracées. Les guerres connues actuellement dans cette partie du monde sont des guerres de reconquête de l’identité, du droit au développement et à un espace de liberté revendiqués par des portions de populations de plus en plus importantes. La maîtrise des forces de division et de destruction des Etats riverains des Grands-Lacs africains passe par une volonté politique ferme de s’unir et de former un grand ensemble régional capable de réduire les tendances à la dislocation et à la supranationalité du 21ème Siècle. Une plus grande solidarité entre les Etats et une mise en commun des ressources naturelles pourrait être une solution durable aux conflits internes ou frontaliers qui déchirent l’Afrique. Car la plupart des conflits naissait de la misère mal partagée, de la recherche de l’indépendance et de l’autonomie des peuples liées à ces derniers par le tracé colonial de la Conférence de Berlin en 1885. Les Etats riverains des Grands-Lacs africains n’ont certes ni le même niveau de développement ni les mêmes ressources naturelles. Mais une plus grande solidarité et un travail en commun pourraient accroître les chances de développement de chacun d’eux, car l’union fait la force.

III.

Les limites de l’ensemble régional des Grands-Lacs africains



La définition de « Grands-Lacs africains » n’est pas perçue de la même manière partout, ni par tout le monde. Il y a toujours confusion entre les lacs du Graben et ceux du grand Graben qui sont : Albert, Edouard, Kivu, Tanganyika et Malawi. Ceux-ci forment une chaîne presque continue longue de 1800 Km de voies navigables. Selon Alexis Kagame, dans son livre   « Un abrégé de l’histoire du Rwanda de 1853 à 1972 », les Grands-Lacs africains sont 4 lacs en chaîne : Edouard (2300 Km²), Tanganyika, Malawi, Nyassa (30800 Km). Ce dernier est l’un des plus grands lacs du continent et qui de surcroît se trouve dans le prolongement du graben. Il néglige le lac Moero (4650 Km²) pourtant plus grand que les lacs Kivu et Edouard cités ci-dessus. Il n’est pas non plus mentionné le lac Victoria (68800 Km²), le plus grand de tous, qui est à l’origine de la découverte du lac Tanganyika. Selon les décideurs politiques de « la communauté économique des pays des Grands-Lacs » (CEPGL) qui réunit le Rwanda, le Burundi, la RDC, les Grands-Lacs se limitent au lac Tanganyika qui baigne les 3 pays. Selon les organisateurs du « Colloque sur la civilisation des peuples des Grands-Lacs » (CEPGL) qui a réuni le Rwanda, le Burundi et la RDC. D’après ce Colloque, les Grands-Lacs se limitent au lac Tanganyika entouré par les 3 pays. Selon les organisateurs de ce même Colloque, tenu à Bujumbura du 4 au 10 septembre 1979, les pays riverains des Grands-Lacs africains sont : le Soudan, l’Ethiopie, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie, le Mozambique, le Zimbabwe, le RDC, le Malawi et la Somalie.

Les géographes quant à eux, définissent la région des Grands-Lacs africains comme le Graben ou le Rift Valley. Le Graben, mot allemand, est défini par le Dictionnaire Larousse comme une série d’effondrements occupés par les lacs correspondant à un accident majeur de l’écorce terrestre que l’on peut suivre depuis le Jourdan jusqu’au cours inférieur du Zambèze. Selon cette définition, la facture de l’écorce terrestre a provoqué des effondrements du Nord au Sud de l’Afrique et la naissance de Grands-Lacs et de petits lacs dans la partie centrale et orientale du continent. C’est cette définition qui sera retenue parce qu’elle couvre la réalité politique et économique que nous comptons décrire et le projet d’ensemble régional que nous souhaitons voir intégré et organisé. Les pays des Grands-Lacs africains sont donc à notre sens, du Nord au Sud, ceux qui sont ainsi désignés par le Colloque de Bujumbura sur les civilisations des peuples des Grands-Lacs. On ne peut pas parler d’intégration des pays riverains des Grands-Lacs africains sans mentionner l’économie forte et complémentaire aux terminaux du Graben dans sa partie africaine, c’est-à-dire l’Egypte et l’Afrique du Sud.

  1. Les atouts de l’intégration politique et économique des Etats riverains des Grands-Lacs africains



Les 13 pays qui forment les Etats des Grands-Lacs africains au sens du colloque de Bujumbura ont plusieurs atouts, susceptibles de favoriser leur union. Ils sont monothéistes, avec un nom différent certes pour désigner l’Etre Suprême. Ils pratiquent le mariage exogamique. Ils tolèrent la polygamie. Les régions situées entre les lacs Edouard, Victoria et les bords du lac Tanganyika forment une unité géographique, sociologique et culturelle. Sur le plan géographique, les grandes fosses de l’Est et de l’Ouest sont marquées par un chapelet de petits lacs, bordés de massifs montagneux. Ceux-ci sont ceinturés par des hauts plateaux dont l’altitude baisse lentement du Nord au Sud. Les habitants des Grands-Lacs pratiquent un habitat dispersé. Leur économie est essentiellement agro-pastorale. Les Etats des Grands-Lacs africains pratiquent les mêmes méthodes et techniques culturales:le brûlis, l’assolement, la rotation, la jachère, le drainage quelque fois. Ils pratiquent la même agriculture. Ils ont les mêmes activités artisanales : la poterie, la vannerie, la sculpture, etc. Ils partagent la même histoire surtout aux frontières. Les populations frontalières de plusieurs de ces Etats sont les mêmes, séparées artificiellement par un tracé colonial arbitraire. Outre qu’ils connaissent un même passé colonial, certaines populations se sont entremêlées grâce à un même passé précolonial, au caprice du temps et des guerres de conquête. Tous ces facteurs d’union devraient rendre aisé l’intégration politique, culturelle et économique des Etats riverains des Grands-Lacs africains.
  1. 2010-07-19 18:44 Читать похожую статью
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